Trop plein d'impuissance…
Bonne surprise, C. m'a proposé d'aller manger ensemble ce midi lors de notre téléphone du matin. Déjà ça, j'avais un peu peur, après 4 jours en famille, que tout à coup, il ait retourné sa veste et préfère prendre ses distances, mais ça n'a pas l'air d'être le cas.
Par contre, je lui ai demandé si ça allait dans sa tête à un moment et il m'a répondu… "non… mais oui…" un vrai normand quoi… Sauf que le non était dit sur un ton un peu inquiétant quand même, j'ai vraiment l'impression que ce qu'on a fait a démoli un bout de sa confiance en lui, de l'image qu'il avait de lui même.
Et peut-être justement à cause de ça, il m'a longuement parlé de son enfance aujourd'hui. Son enfance passée à se faire taper dessus, au sens littéral malheureusement, par ses "camarades" de classe… l'histoire triste du punching ball qui ne peut pas se révolter sous peine de s'attirer pleins d'ennuis, parce qu'on ne verra pas les trois ans à supporter coups et insultes, mais qu'on ne verra que le gamin qui en a frappé un autre et lui a cassé quelque chose.
L'histoire du gosse qui a fait des arts martiaux pour apprendre à se défendre, et qui se faisait quand même taper par des petites brutes qui se moquaient de lui en lui disant qu'il n'avait pas le droit de s'en servir parce que sinon, ils s'en plaindraient auprès des adultes…
Et le récit aussi du garçon qui a vu un membre de sa famille tomber un peu trop souvent dans les escaliers… et le mari venir la réclamer à 2h du matin quand elle avait eu trop peur et qu'elle venait se réfugier chez eux. Ce gosse qui a vu les bleus sur leur fils pas beaucoup plus jeune que lui, celui qui savait aussi que frapper, c'était de famille, parce que le grand-père, déjà…
Ce grand costaud, tellement fort à l'intérieur, qui me racontait avec toute cette rage dans la voix ces années à supporter tout ça, ces années à se réfugier dans la philosophie asiatique pour se construire. Qui enchaînait sur les épreuves vécues dans son job d'avant, qui l'ont tellement détruit malgré toute cette force.
Et moi à côté, qui ne peut rien faire mais qui meurt tellement d'envie de prendre dans mes bras ce petit garçon et de lui dire que ça va aller, puis de garder cet homme contre moi et de le rassurer sur tout ce qu'il est…
Sauf que non seulement je ne peux pas, mais en plus, je doute tellement d'être capable d'alléger son fardeau ne serait-ce que d'un gramme ainsi… Parce que j'aimerais faire, j'aimerais savoir faire, mais je ne sais pas…. je me sens toujours aussi désarmée devant la douleur.
(y'a A. qui me raconte que des trucs déprimants en plus aujourd'hui, bonjour le moral… )
Le bord du gouffre?
Reste à savoir si on va faire un grand pas en avant comme on dit… Parce que là, pour la première fois depuis deux ans et quelque, je commence vraiment à me demander si on n'est pas en train d'aller plus (trop?) loin.
Hier, c'était jour d'entraînement à midi. Et comme je le disais la dernière fois, cette fois, plus d'excuse physiologique, donc une incertitude. Mais voilà… en plus de ça, je suis dans une sale période, mélange de manque abyssal de contact et envie de provocation pour me rassurer… Donc, hier matin, je me suis fait toute belle et j'ai mis un joli pull un peu moulant avec surtout un petit haut dessous très décolleté et très moulant…
Et à midi, en sortant de l'entraînement, comme on s'asticotait depuis un moment déjà, j'ai enlevé le pull… Certes, C. est plus attiré par les jolis culs à la base, mais j'ai des arguments, donc, il ne s'est pas non plus plaint du spectacle…
Bizarrement, juste avant, j'avais réussi à lui dire que dès que je poussais la provocation, je le revoyais en larme ce jour où nous avions déjà poussé un peu… Il a tout de suite compris ce que ça impliquait pour moi. Mais en même temps, ça ne nous a pas vraiment calmés…
Après avoir mangé, en sortant du parking, j'ai fait ce dont j'avais rêvé tout le week-end…Je lui ai dit que le problème, c'est que j'avais certes envie de faire "ça" en lui massant l'entrejambe un instant (si si), mais qu'aussi et surtout, je mourrais d'envie de faire "ça", et je lui ai caressé tendrement la nuque… (c'est amusant, dit comme ça, c'est tellement rien, et pourtant, entre nous, c'est tellement énorme).
Visiblement, ça l'a secoué un peu, et moi aussi. Et puis… voiture, autoroute et là… il me regardait comme il sait le faire, sans retenue et surtout, complètement tourné vers moi. Comme c'est moi qui conduis, il est libre de ses mouvements (enfin, autant qu'on peut l'être dans une voiture, ceinture de sécurité bouclée) et il m'a dit que me voir comme ça, c'était un vrai appel à prendre "les choses" en main.
Quand j'ai répondu "help yourself", il a posé ses mains sur mes seins…
Je me suis fait peloter comme une ado hier dans ma voiture alors que je conduisais… et j'ai aimé ça…
Alors, quand ce matin il est reparti très vite sur les sujets brûlants, en me disant en gros "on s'entraîne rapido et ensuite, on va encore un peu plus loin qu'hier"… je ne sais plus trop où j'en suis.
Bien sur, il peut ne rien se passer, parce qu'on osera pas, après tout ce temps à se retenir, à détailler à quel point ce serait mal, à quel point ça ne se fait pas, à quel point c'est moralement indéfendable…
Mais après hier, je ne sais plus trop. Il n'a pas l'air d'avoir de remords pour ce qu'il s'est passé dans la voiture. Est-ce que vraiment quelque chose à changé depuis ce jour où il m'écrivait qu'il n'avait pas l'habitude de compter sur les autres, mais qu'il était content que je l'ai protégé de lui-même? C'était il y a 9 mois tiens… le temps d'une grossesse.
Ce jour là, il m'a dit que tout ceux en qui il avait confiance l'ont trahis un jour… Je ne veux pas que le plaisir soit ma trahison! J'ai peur. Peur de mal faire, peur de le faire, peur de ne pas le faire, mais surtout, peur de ce que ça va lui faire à lui. Lui qui va se retrouver devant ses enfants ce soir…
L'après-midi du même jour… Frustration 1, baleine 0…
on est allé très loin… et c'était bon… et même très bon… mais aussi… un peu étrange (on ne s'est pas embrassé par exemple. Ce qui n'est pas sans faire penser à certaines relations tarifées tiens). J'aimerais le crier sur les toits, le raconter dans tous les détails surtout… mais je ne le dirai pas, à personne hors d'ici… et parce que le dire ici, c'est déjà le trahir un peu, je ne décrirai pas nos caresses… juste que c'est marrant d'avoir si chaud en ayant les pieds gelés, c'est rigolo le stress quand même. (et quand même, il aurait pu me dire que j'avais les cheveux en vrac… )
Et maintenant, j'ai peur.
Peur pour lui, moi je vais bien, et même si plus jamais on ne recommence, même si on revient à ce qu'on a été durant 2 ans, des amis avec un petit plus, ce sera frustrant, évidemment, mais au final, pas plus qu'avant. (Je ne dis pas que je dirais non hein… mais bon).
Mais lui… c'est lui qui va regarder sa femme et ses enfants ce soir. Lui qui va devoir faire avec la rage qui l'habite quand il pense que sa femme a couché avec un autre, en sachant qu'il a fait (quasi) pareil.
Et donc, peur de le perdre… je sais qu'il n'est pas du genre à me reprocher ce qu'il s'est passé, mais c'est toujours tellement dur de savoir comment on va réagir à ce genre de situations. Est-ce que ça va être tellement pareil qu'avant qu'on sera tout surpris que ça ne change pas plus (ce qui est assez mon genre), ou est-ce que la culpabilité va le ronger tellement qu'il faudra qu'il l'expie d'une manière ou d'une autre?
C'est cette expiation qui me fait peur… peur qu'il s'éloigne, peur qu'il l'avoue à sa femme, peur qu'il s'enfonce dans une culpabilité sans fin surtout… Peur qu'il souffre, tellement peur qu'il souffre…
Là, pour l'instant, silence radio, on a fixé les dates de nos entraînements la semaine prochaine, mais c'est tout. Alors que les autres fois, après des "dérapages", on en parlait toujours. Sauf que cette foi… Pourtant, j'aimerais tellement qu'on puisse en parler à cœur ouvert comme avant… Même si je ne sais pas quoi dire. Parce que bon, partir sur le "oh oui encore" s'il est en pleine culpabilisation, c'est pas l'idée, tout comme tenter l'approche "est-ce que ça va?" s'il est en pleine remémoration des meilleurs moments, ça risque bien de plomber l'ambiance. Toujours cette crainte d'être maladroite, de ne pas savoir, de mal faire, c'est assommant à force…
Édit de fin de journée, on a eu un long téléphone, il va bien, tout va bien.... OufL'art de la tromperie
Ombre se réjouissait de mon retour à l'écriture (merci J), je ne sais pas si ça va marcher, mais il est possible que les changements intervenus dans nos bureaux me poussent à écrire un peu plus souvent… pour faire illusion.
En effet, au grand jeu des chaises musicales, si j'ai gardé mon bureau, j'ai changé de "colocataire". Pour tomber avec une des secrétaires qui est un peu du genre "et alors, est-ce que t'as fait tes devoirs, et bien mangé ta purée". Exit mon ancienne collègue qui était tellement concentrée sur son propre travail qu'elle ne remarquait pas forcément que mon clavier ne marchait pas beaucoup, bonjour la nouvelle qui trouve que le téléphone la dérange et qui est plutôt du genre fouine.
C'est méchant pour elle, mais je n'arrive pas à lui trouver d'autre surnom. Pas que je ne l'apprécie pas, mais ce n'est pas toujours facile de bosser avec elle, et elle aime beaucoup être au courant de tout (mais ne s'occuper de rien…hem). En même temps, dit comme ça, je partage un peu les mêmes défauts, c'est pas très flatteur.
Je ne sais pas si c'est le froid et l'humidité régnant (à mon avis) chez la frangine de E. la semaine dernière (comme quoi, certains ont vraiment le cuir plus solide, j'étais la seule à grelotter à ce point), mais je me tape une crève pire que tout ce que j'ai eu cet hiver. Déjà la semaine dernière, c'était moyen la forme, mais ce week-end, je l'ai passé sans sortir de chez moi ou presque. Et dimanche, c'était pratiquement sans quitter mon canapé, puisqu'en plus, mon ventre avait décidé, allez savoir pourquoi (mouais, encore que le fait d'avoir mes règles y est sûrement pour quelque chose), de s'y mettre aussi.
Du coup, je me suis lu environ 1200 pages de romans en 2 jours, bouillotte sur le ventre dimanche (et j'aurais du y penser samedi, ça me fait toujours du bien). Seul hic, autant j'adore ça, autant mon dos, lui, aime beaucoup moins et râle toujours quand je passe trop de temps allongée. Je sens que l'entraînement ce midi, entre la toux, le rhume, le dos qui grince et le ventre qui serre, ça va pas être beau…
Et puis, j'ai un autre problème avec l'entraînement en ce moment, c'est C… Ces derniers temps, il est terriblement sur les nerfs au boulot, c'est pas tous les jours fête à la maison et du coup… il est un peu… à cran.
Le problème pour moi, c'est qu'il joue de plus en plus sur le mode provocateur, au point que des fois, ça devient non seulement un peu envahissant (ça je peux faire avec), mais aussi un peu… agressif.
Surtout, il met en avant le fait que… c'est moi qui ne veut pas. Alors qu'on sait tous les deux que c'est lui qui ne peut pas. Ce retournement de situation, assez logique dans le fond puisque la seule fois où on a commencé à déraper, c'est moi qui l'ai arrêté, commence à devenir vraiment inconfortable.
Parce que de fait, c'est vrai qu'en ce moment, c'est bel et bien moi qui dis non. Souvent sous de faux prétextes… (bon, cette semaine, le combo crève et règles, voilà quoi). Oh, la tentation est là, et bien là, mais ça reste ma quadrature du cercle perso et que, par définition, je ne vois pas comment je pourrais en sortir.
Pour mettre les choses à plat, ce qui me retient tiens en deux idées simples. Les conséquences de son seul dérapage d'abord, avec tout ce qu'il m'a écrit après, mais plus précisément ses larmes dans la demi-heure qui a suivi. Quand j'initie le geste de trop, je vois son visage et ses yeux plein d'eau en face de moi et ça me bloque.
Ensuite… la tendresse bordel! Quand on se cherche, on parle cul, pur et dur, avec ou sans scénarios. Sauf que je sais qu'il n'est pas le genre d'homme à ne chercher que ça, et surtout, je sais que je ne peux pas si c'est que ça. Donc, ce décalage entre ce qu'on cherche vraiment et ce dont on parle, ça aussi, ça me bloque.
Et alors qu'on parlait de tout ou presque, comme toujours dans une relation, on se rend compte au fil du temps que plus on a perdre, moins on ose dire les choses qui fâchent, de peur de la réaction de l'autre. Parce que certes, la relation va tenir, ça ne fait presque aucun doute, mais on y aura perdu sans doute un peu de confiance, peut-être un peu de candeur, peut-être un peu d'illusions aussi. On sait aussi plus ce qui fait mal, et on hésite à aller sur ces terrains là, pour protéger l'autre ou pour se protéger soi-même.
J'imagine déjà la douleur dans ses yeux si je lui dis tout ça. Et s'il y a une chose qui reste très difficile à supporter pour moi, c'est bien de lui faire mal. Alors, est-ce une fausse excuse? Est-ce que je me cherche des raisons de rester dans cette situation ultra frustrante mais stable plutôt que de tout risquer pour une ivresse physique? Peut-être bien que oui dans le fond.
La semaine prochaine apportera peut-être la réponse, puisque je ne pourrai plus prétendre être malade. Ou peut-être pas, tant j'ai du mal à croire qu'il pourrais y avoir plus dans la réalité, à force de renoncement et de frustration, ça prendrait sans doute un tour terriblement irréel…
En demi-teinte
Je ne pensais pas que Word pouvait planter comme ça, j'ai perdu tout ce que j'avais écrit entre hier et avant-hier soit disant parce que mon fichier était corrompu, joie… Heureusement que par un coup de chance total, j'avais décidé juste avant de me mettre à écrire de refaire une sauvegarde de mon fichier. Par contre, j'ai eu la flemme de mettre en ligne hier et voilà, envolé… vive l'informatique.
C'est pas ça qui va me motiver à revenir dans le coin plus souvent soit-dit en passant. J'ai du mal ces derniers temps, le taf, le manque de motivation, toutes ces excuses qu'on s'invente. Donc, je suis revenue mardi du week-end qui n'était encore qu'un projet lors de ma dernière entrée.
Comme prévu, le week-end a commencé par un concert avec E. Suivi d'une journée dans sa ville parce que j'avais une réunion justement planifiée ce jour là et que du coup, même si je n'en avais pas trop envie, j'y suis allée.
Ça aurait dû continuer par un rendez-vous avec O., que j'avais fini par contacter pour l'occasion et qui avait accepté de me voir avec enthousiasme. Je dis aurait dû, parce que comme c'est O., il a annulé finalement deux jours avant, son ex avait un imprévu et il devait garder ses enfants. Au passage, j'ai toujours accepté que ses enfants passent avant moi, mais je ne peux pas m'empêcher de me demander s'il a seulement dit que ça ne l'arrangeait pas parce qu'il avait un truc prévu depuis trois semaines… m'enfin.
Adieu donc tous les scénarios faits et refaits dans ma tête sur cette rencontre, comment se comporter, quelles limites mettre, faut-il vraiment en mettre etc… Depuis, il me réécrit un peu, parfois même plusieurs sms par jour, sur un mode qui ressemble beaucoup à celui qu'il avait quand nous étions "ensemble", comme si le fait que je lui demande de le revoir effaçait l'an dernier d'un coup de baguette magique.
Bref, au lieu de ça, et comme E. avait planifié sa soirée avec des potes puisque je lui avais dit que je ne serais pas là, je me suis retrouvée au ciné, seule, pour aller voir un mauvais documentaire (the substance, l'histoire du LSD). Entre les images psychédéliques en lien avec le sujet et surtout, le décalage regrettable d'une demi-seconde entre le son et l'image (où l'on remarque qu'on lit quand même beaucoup sur les lèvres, même dans les autres langues), je suis sortie de là avec un mal de crâne carabiné. Le pire, c'est que le sujet aurait pu être intéressant, mais c'est survolé et on passe totalement à côté je trouve.
Enfin, samedi matin, on est parti direction l'Île de France pour aller rejoindre la famille de E. chez sa sœur. Sœur avec qui j'ai indéniablement des points communs, en commençant par l'âge (on a que deux mois de différence) et les goûts musicaux. J'ai aussi rencontré le "beau-frère" (qui n'est pas tellement beauf) que j'ai trouvé adorable.
Bon, peut être parce qu'il m'a rappelé C. sur pas mal de points. Le gabarit déjà un peu, mais surtout, cet humour, cette lueur de compréhension dans l'œil, cette façon de jouer au dur tout en laissant apparaître le nounours dessous et cette sensualité évidente pour qui sait regarder un rien au delà des apparences de type un peu balourd.
Ce qui fait au passage que j'ai eu un tout petit malaise avec le père de E., qui n'aime pas tellement son beau-fils pour des raisons que je trouve stupides, et qui s'obstine à me vouvoyer à chaque fois qu'il pense à autre chose, alors que censément, on était passé au "tu" depuis un moment.
M'enfin, niveau famille, ça c'est bien passé. Sauf que quand même, les parents à E. étaient là, sa frangine avec son amoureux et leurs fille de un an (adorable d'ailleurs) et on se retrouvait donc à… 3 couples en quelque sorte. Ce qui est toujours un rien déstabilisant pour moi, parce qu'avec E. on fonctionne parfois tout à fait comme un couple… tout étant très loin de cet état. Et qu'à les voir se faire des câlins (voir des bisous pour la frangine et son gus), j'avais parfois envie de hurler de solitude tellement je crevais que personne ne me prenne dans ses bras.
Au passage, j'adore E., c'est un type super et bourré de qualité (et avec des mains hyper douces, ça me frappe à chaque fois), mais franchement, je n'ai aucune attirance pour lui. Sans compter que (je daube si je veux), l'appart de célibataire pas soigneux du tout, bof bof et le persil toujours entre les dents APRES les avoir brossées (donc très très soigneusement au moins 20 secondes avec une brosse à dents qui a dû voir les dinosaures tellement elle a l'air vieille) argh…
Allez, j'arrête d'être méchante avec les amis pour dire que vraiment, j'ai passé un très bon moment. Bon, on a pas eu le temps finalement d'aller voir Maz (pardon ma belle), parce que l'organisation n'était pas très simple, parce qu'on était attendu pour le repas et en plus, parce qu'en sortant de Vaux-le-Vicomte, on a eu une mauvaise surprise, voiture braquée, quelques bricoles envolées. E. était vraiment très mal sur le moment, je me serais pas vu monter à Paris ce jour là.
C'était les deux seules ombres au tableau d'ailleurs (pas de Maz et le vol), avec un tout petit peu pour moi le froid qui régnait dans la maison (ok, il faisait un temps pourri) qui fait que je me tape une belle crève en ce moment, vu que j'ai grelotté trois jours.
Mais comme ils m'ont apparemment trouvée très supportable, je suis invitée à y retourner et donc, qui sait, y'aura peut-être une autre occasion d'aller faire un tour du côté de chez toi Maz. A moins bien sûr que tu ne te décide un jour à venir dans le sud voir nos lacs ;-).
Printemps
Plus que 4 jours avant les vacances. Avec toujours le même problème, vu tout ce que je prévois de faire durant ces quelques jours, je me demande si j'aurais le temps de tout caser.
Mauvaise organisation entre moi et C. pour les absences d'ailleurs, il prendra des jours la semaine après moi. Bon, en même temps, comme je n'ai pas prévu de partir, on pourra se voir à midi comme d'habitude pendant mes congés. Et sa semaine de vacances n'est qu'une semaine de 4 jours.
Juste là maintenant, je lutte contre l'envie de l'appeler. Sauf que je l'ai eu au tél ce matin, que je l'ai vu à midi et que je le vois demain… Et que je n'ai rien de particulier à lui dire, juste aucune envie de bosser et l'envie de sa voix au creux de mon oreille.
Les choses commencent gentiment à se mettre en place pour le prochain voyage en compagnie de E., les dates et les activités semblent se combiner plutôt bien. Concert le jeudi soir, réunion pro dans sa ville le vendredi pour moi (ça tombe pile) et sans doute de bonnes surprises (coucou Maz ;)) une fois là bas. Notamment je me réjouis de voir E. avec sa nièce. Le gros endurci "les enfants, je m'en fous" qu'il est m'a quand même sorti… une photo de lui en train de donner à manger à la petite… photo sur laquelle il m'a dit, je cite, "elle est quand même trop craquante non?". Huhu :)
Par contre, je me retrouve donc le vendredi dans la ville de E… et de O… Et comme certains collègues qui seront à la réunion viennent de loin, on va finir tôt, comme d'habitude. (Enfin, 16h, l'heure où je finis tous les vendredis, mon seul horaire de la semaine auquel je ne déroge que si je ne peux vraiment pas faire autrement). Donc, depuis que je sais ça, une envie me ronge le cerveau de demander à O. s'il serait libre pour un café ou même un resto…
J'ai demandé aujourd'hui à E. si ça ne l'ennuie pas trop si le cas échéant j'ai autre chose le vendredi soir, ce n'est apparemment pas le cas. J'ai décidé de ne pas contacter O. pour le moment, j'avoue que lâchement, j'attends de voir s'il va penser à mon anniversaire et surtout, comment il va se comporter ce jour là pour lui proposer cette rencontre.
J'aimerais lui dire un certain nombre de chose. Par exemple, que j'ai apprécié le temps passé avec lui, vraiment. Mais que décidément, notre relation n'est pas faite pour durer ou devenir plus sérieuse, trop de différence dans nos visions de la vie à deux et du long terme. Je ne sais pas non plus si j'arriverais à me retenir de lui dire qu'il me manque. D'autant que c'est vrai. Le O. tendre et attentionné de nos tête-à-tête, le passionné des balades en pleine nature, le gamin émerveillé devant tant de choses, l'amant tellement doué… tout ça me manque.
Bon, la tête de lard qui ne lève pas le petit doigt pour me voir en pleurnichant sans cesse qu'il veut me faire un môme, le petit nerveux qui pète un plomb pour n'importe quoi, l'adulte au comportement d'ado, incapable d'assumer une partie de ses actes, le potentiellement violent, le type purement immonde avec son ex, le gros lourd obsédé sexuel qui veut toujours plus de cul virtuel, ça… étrangement, ça ne me manque pas une seconde.
Ambivalence, noir d'un côté, blanc de l'autre, et la décision à prendre sur la nuance de gris acceptable, c'est l'éternel problème. Souci bien présent depuis toujours avec C. aussi. En ce moment, on oscille… je pourrais dire que c'est comme d'habitude, mais les limites me semblent un peu moins nettes, les attitudes, gestes et regards, semblent contenir un rien plus de possible que d'habitude. A moins que ce ne soit juste qu'on ne s'habitue jamais vraiment à faire de l'équilibrisme. Au début ou à la fin de la corde, on risque toujours autant de tomber, même si on a l'impression de prendre de l'assurance.
La semaine dernière, il bricolait un truc sur le téléphone de sa femme quand l'ex-amant de celle-ci lui a envoyé un message pour la féliciter d'être membre du truc que justement C. venait d'installer. Et il a bien failli péter un plomb. Il s'est mis dans une rage noire et rien que de me le raconter, le lendemain ou aujourd'hui, je le sentais bouillonner et saigner…
Hors, il rêve de faire comme elle en quelque sorte. Il est terriblement en manque de cul (appelons un chat un chat (hem)), leur couple n'est pas au mieux de sa forme en ce moment à ce niveau, il a sous la main une personne désirée et consentante… bonjour la tentation… Pourtant, comment imaginer qu'il puisse le faire quand on sait le mal que ça lui a fait à l'époque? Cette impression d'ouverture que j'ai parfois n'est qu'un leurre, je le sais, mais toujours, depuis le début, c'est une chose d'en convaincre sa tête, s'en est une autre de gérer le reste.
A moins qu'elle ne le sache jamais. Sauf que… bien sur c'est possible de le lui cacher, mais c'est également terriblement dangereux. Sans compter que si elle l'apprend, elle risque bien, malgré leurs problèmes, de réagir par une jalousie extrême… et une envie très forte de m'arracher les yeux, comme lui aimerait bien faire une tête au carré à l'autre type. Et je n'ai que très moyennement envie de ça, même si elle habite loin et que je ne risque pas grand chose. (et que j'aurais pas mal de choses à lui dire sur les choix et leurs conséquences).
Rhhaaa, dit dit et redit, et toujours aussi impuissant à refléter les pensées qui tourbillonnent dans mon crâne (ou le grand vide parfois) quand je retiens ma main pour ne pas qu'elle se pose sur sa cuisse.
Allons allons, les oiseaux chantent, la végétation redéarre, ça bourgeonne de partout, il est temps que j'aille me balader au lieu de ruminer.
Ça va passer… (il faut que ça passe!)
Grosse bourre au taf, je n'arrête pour ainsi dire pas, ça part dans tous les sens, je jongle avec 12 trucs, quand je suis au téléphone je reçois trois mails et je vois un collègue passer et repasser devant ma porte pour me parler…
C'est comme ça depuis bientôt trois semaines. Un gros pépin, un rien de journalisme poubelle par dessus, le quotidien à gérer, ma cheffe en arrêt maladie, des collègues un peu trop enthousiastes (genre 8 mails par jour) sur d'autres sujets et franchement, gentiment, je coule.
Ce matin, j'ai en plus eu droit à un téléphone piège. Un type qui se réclamait d'un collègue bien connu (mais qui bosse dans une autre branche) et qui fait partie d'une organisation faîtière chez nous m'appelait pour en savoir plus sur le dossier bien merdico-polémique du moment… En plus, il téléphone à 11h39 alors que je devais partir à 11h40 pour aller chercher C.
Du coup, j'étais moyen réceptive (pas le bon moment, pas le bon sujet) et là, le gars part dans une logique de "toute façon, vous foutez rien, on est bien d'accord hein?". Comme au bout d'un moment, je ne voyais pas bien où il voulait en venir, je lui demande ce qu'il fait exactement dans sa boîte… Et le type me répond… qu'il bosse sur un truc qui n'a rien à voir, mais que par contre, il est élu vert dans mon coin et qu'il songe à demander des comptes politiques concernant le gros dossier bien merdique…
Bref, je me suis faite baiser et franchement, j'ai pas aimé ça du tout.
Du coup, j'étais super mal et franchement en colère quand j'ai choppé C. au passage pour aller au fitness. Il ne m'avait jamais vu dans cet état là. Sauf que comme en gros, lui, ce type de rage, c'est son état normal, il m'a asticotée pour que je sorte et que je vive cette colère tellement inhabituelle chez moi.
Alors que même en rogne comme ça, je n'avais juste qu'une envie (totalement utopique, non seulement parce qu'il ne le fera pas, mais surtout parce que je sais que ça ne servirait à rien, mon cerveau n'arrêterait pas ses ruminations pour si peu), c'est qu'il me prenne dans ses bras et qu'il me dise que tout ira bien.
M'enfin, comme la colère n'est pas mon état normal, je me suis calmée assez rapidement (un peu plus d'une heure, avec quelqu'un qui me cherche (et qui me connaît bien) pour voir comment je réagis dans ces cas là, je m'en sors pas si mal je trouve). La seule chose que je redoute maintenant, c'est le contrecoup, que je vois bien arriver ce soir. Et là, je vais retomber dans une déprime qui me ressemble plus en m'assassinant de pensées concernant tout ce que j'aurais dû faire ou ne pas faire au téléphone avec ce con comme dans toute cette histoire de dossier, et y'a de la matière.
Mais le pire je crois, ça a été le regard déçu de ma cheffe cet après-midi (elle rebosse à 50% depuis aujourd'hui) parce que j'ai oublié de faire un truc qui devait partir jusqu'à midi aujourd'hui… A cause de ma bourde, on va perdre une semaine sur un dossier qui a duré déjà un an de plus que prévu, alors qu'on croyait enfin en voir le bout et qu'on voulait aller le plus vite possible cette fois-ci.
Voilà quoi, c'est une putain de période au boulot, j'ai la tête sous l'eau les trois quarts du temps et je n'arrive absolument pas à bosser le quart restant ou je me retrouve à fixer mon écran d'un œil vide en repassant encore et encore la liste de toutes les choses que je dois faire pour hier.
En dehors du taf, rien ou pas grand chose. O. me manque, mais je ne le recontacterai pas, non non et non. Mon pote E. me propose plein de trucs à faire et m'écris plein de mails auxquels je ne trouve pas la force de répondre et je m'en veux terriblement et G. veut monter sa boîte, ce qui est moyennement évident quand on a des dettes et des poursuites au cul.
Par contre, je vois quand même certains effets positifs du sport que je fais, on dit que c'est bon pour l'humeur et pour des tas de choses, ben même si je ne saute pas de joie et si c'est loin (très loin) de tout régler, je sens quand même que ça aide, c'est toujours ça de pris.
Oh, et sinon j'ai pris rendez-vous pour l'examen préalable pour une opération de la myopie et je n'en ai parlé absolument à personne, j'ai envie de voir si je tiendrai jusqu'à l'opération sans m'en vanter devant tout le monde pour faire mon intéressante, ça me changera. Vu que ce sera fin mai (l'examen préalable), c'est pas gagné, m'enfin, on verra bien… (oui, il est moyen celui-là)
PS : Maz, j'attends toujours de tes nouvelles pour fin avril…
L'hiver dur dur(e)
Deux téléphones de merde ce matin, en particulier une longue mercuriale, malheureusement méritée, mais qui m'a prise à froid je dois dire. La seconde était surtout un constat d'impuissance, mais le type a franchement du me prendre pour une inutile, vu que je n'ai pu lui répondre sur aucun point ou presque. Point de vue que je ne suis pas loin de partager de toute façon, ça n'aide pas.
Ce n'est pas la première fois durant cet hiver que ça se passe mal, je sature un peu je dois dire. Oh bien sur, j'ai pas à me plaindre, j'ai tout le soutien voulu de ma hiérarchie et il y a même des dossiers où ils ont décidé de reprendre eux-mêmes tant ça finissait par devenir merdique, mais quand même, il y a bien des jours ou je n'en peux plus de ces responsabilités.
J'ai toujours eu cette peur de mal faire, de ne pas savoir, de ne pas pouvoir ou de faire faux. Alors, placée entre le marteau et l'enclume, impuissante dans bien des cas, incompétente dans d'autres, je me raccroche comme je peux aux branches et je pratique le "rien faire plutôt que de faire faux". Mais je commence à me demander si même en passant la moitié de son temps à ne pas bosser, on peut faire un burn-out.
Ce que je sais en tout cas, c'est que tout ça me pèse nettement, d'autant plus que ma vie en dehors du taf n'est pas très intéressante. Je n'ai jamais aimé donner trop d'importance à mon boulot, mais là, en quelque sorte, je n'ai pas le choix. Et comme je n'aime pas mon job…
Donc, ce soir, je vais aller me défouler en poussant de la fonte. C. est en vacances, je n'ai donc personne à qui me plaindre vraiment de tout ce qui ne va pas. Et quand bien même il serait là, je sais que je n'oserais pas trop me plaindre sachant ce qu'il vit en ce moment. Sa femme, ça semble être "moins pire" que prévu, mais ça reste à confirmer et sa mère, il n'avait pas encore de nouvelles la dernière fois que je lui ai parlé, donc bon.
N'empêche, comme quoi à 35 ans, je peux encore me surprendre moi-même pour autre chose qu'une incompétence crasse et un niveau de motivation abyssal, je suis en train de virer "sportive". Bon, ok, n'exagérons rien, le marathon, c'est pas pour demain (d'autant moins que la course, avec mon dos, c'est pas pour moi) mais quand même, je suis en train de passer à un rythme "un jour sur deux" qui est l'entraînement le plus actif que j'ai eu depuis la fin de ma première formation (ou le boulot en lui même était physique).
3 ans de célibat dans quelques semaines. Trois ans ou presque, si on compte les quelques week-ends passés avec O. Et je ne sais toujours pas comment y mettre fin.
Et j'ai de plus en plus peur de rencontrer quelqu'un, de ne plus savoir comment lui faire une place, de ne plus être capable de me réadapter à une vie à deux…
Au boulot, je croise deux collègues, 45-50 ans, célibataires les deux. Aucune des deux n'ayant de défaut rédhibitoire, je me demande ce qui fait qu'on se retrouve seul ainsi.
(Longtemps pas écrit, pas eu le temps, mais vraiment, alors je balance ce truc qui date un peu et qui est un peu bordélique, mais tant pis)
Le stress, c'est mauvais pour la santé
Et en plus, c'est cette putain de St-Valentin aujourd'hui. Et ce matin, j'ai entendu lors de l'éphéméride à la radio que c'est aussi la Saint "vrai prénom de O." Autant dire que je ne vais pas lui souhaiter bonne fête.
Très longue réunion ce matin, j'avais un truc à présenter, j'ai franchement été merdique, mais en même temps, la moitié du système va changer au cours de l'année, alors what the fuck.
Cette après-midi, enchainement de merdes, de pires en pires, je commence à me demander si je ne devrais pas me tirer d'ici avant que quelque chose d'encore plus chiant ne m'arrive dessus.
C. est de passage dans nos bureaux, il est deux étages en dessous, il n'a pas pu passer me dire bonjour avant, je doute qu'il le fasse en partant. Et ça me fait chier. Il m'a donné des nouvelles pour sa femme et sa mère, en gros, on sait pas et on attends, bonjour l'ambiance et le moral…
Et en gros, avec tout ça, je pète un peu les plombs. Hier, quand j'ai eu le coup de fil dont découle la merde d'aujourd'hui, en raccrochant, j'ai pleuré un peu, seule dans mon bureau. Sur moi et ma vie de merde (célibataire, job à la con, l'âge qui avance, tout ça), sur C. aussi, et les tuiles qui semblent s'accumuler en ce moment sur lui. Sur mes hormones également, c'est pas en pleine fin du mois qu'on est le plus zen, c'est clair.
Mais là, après avoir couru après le connard d'hier, rédigé trois lettres de merde plus deux avis où je ne suis sûre de rien parce qu'avant, c'est mon collègue récemment parti à la retraite qui s'en occupait et que j'y connais que dalle et constaté que malgré ça, je n'arrive pas à faire tout ce que je devrai, j'ai juste mal dans la poitrine et au ventre, les yeux qui brûlent et comme une envie d'exploser…
Que je maîtrise comme je peux, je ne suis pas seule dans mon bureau… Bureau que je vais devoir ranger, en rattrapant genre 6 ans de classement pas fait, parce qu'on a appris vendredi dernier que jeudi de la semaine prochaine, on doit tous déménager provisoirement nos bureaux, en attendant qu'ils fassent des travaux sur notre étage, joie.
Y'a pas, j'ai un moral d'enfer en ce moment… mais comme d'hab, faut juste attendre que ça passe…
Froid partout
Pendant notre entraînement de midi, C. a reçu comme prévu des nouvelles de l'examen de sa femme de ce matin. Elle va devoir se faire opérer dans les prochaines semaines, tumeur de la thyroïde. Ok, 90% des fois, c'est bénin… mais bien sur, impossible de ne pas penser aux 10%...
Il devrait savoir comment c'est passé l'examen de sa mère dans l'après-midi. Elle en est déjà à l'étape biopsie, reste plus qu'à connaître les résultats.
Évidemment, c'est pas le gros moral pour lui (ni dans sa famille) vu tout ça. Et moi là dedans, je ne peux rien faire, mais je ne sais pas comment le gérer pour autant. Je ne suis pas touchée directement, je ne suis concernée qu'à travers lui, mais je n'ai pas l'impression d'arriver à l'aider en quoi que ce soit.
Je comprends bien que tout ce que je lui dis (sur le rapport au taf, le reste, je ne me permettrais pas) lui passe au dessus. Il n'est pas en état d'y réfléchir et surtout, il n'a pas l'énergie de lutter contre les peurs qu'il a accumulées dans son ancien taf. Je comprends, je compatis, j'écoute, je suis là mais… je me sens terriblement inutile et surtout atrocement maladroite.
Et surtout, c'est dans une situation comme ça que les limites et les habitudes prises tant bien que mal pour limiter les risques liés à l'attirance qu'on a l'un pour l'autre me rendent dingue… Impossible pour moi de le toucher, de le prendre dans mes bras, de lui poser une main sur l'épaule, même de lui tapoter le genou pour lui dire "je suis là" sans le dire, je n'y arrive pas, je bloque complètement.
Parce que déjà dans une situation simple, les contacts physiques ne sont jamais anodins pour moi, mais là… J'ai beau avoir envie de faire tout ça, je ne sais pas si ça l'aiderait ou le mettrait mal à l'aise, ni comment moi-même j'y réagirais… Comme tout à l'heure, lorsqu'il s'est bloqué un peu le dos en forçant sur un engin, j'avais la tête pleine de massage, même pas connotés, mais comment rester neutre?
Alors… j'ai beau ne pas être croyante, j'avoue, je prie. Enfin, je croise les doigts, je joue à la pensée magique… pour que sa femme aille bien après l'opération, pour que sa mère n'ait qu'un truc pas grave elle aussi, pour que son couple aille mieux, pour qu'il soit plus heureux…
Et surtout, surtout j'essaye de ne rien penser quand il me dit "c'est totalement injuste, si ma femme meurt, personne ne me viendra en aide financièrement pour élever mes gamins, je devrai continuer à bosser à 100% pour vivre et je ne pourrai pas m'occuper d'eux".
J'essaye aussi de ne pas écouter la petite voix qui me dit que de toute façon, je ne serais pas à la hauteur vu ce que je ne suis pas à la hauteur là maintenant…
PS : Maz, t'as un mail sur ton hotmail ;)
De l'impuissance
La vague de froid qui balaie l'Europe en ce moment donne au moins des matins aux couleurs inhabituelles, comme en ce moment ou chaque toit s'agrémente de son panache de fumée et ou même le lac, agité par la bise, fume…
Par contre, les voitures aiment moins, la mienne tousse mais surtout, j'ai dû aider mon voisin ce matin, impossible de partir sans ponter pour lui.
Depuis que G. a ses problèmes de fric, et surtout ses problèmes avec son futur ex patron, je l'ai beaucoup au bout du fil, mais on ne se voit pour ainsi dire jamais. Je sais parfaitement que c'est moi qui met les pieds contre le mur, mais bizarrement, lui non plus ne pousse pas pour. Il a des hauts et des bas, mais la fin du tunnel s'annonce gentiment, tant mieux.
Dans le genre "va comprendre", j'ai eu des nouvelles de O., qui m'a envoyé un texto qui en a généré quelques autres. En gros, il s'excuse de son attitude, mais m'a en quelques échanges prouvé que rien n'a vraiment changé. Ce qui m'a à nouveau prouvé à quel point je peux être naïve, à chaque fois, j'y crois un peu quand même…
Mais bref… Tout va bien avec C., avec bien sur quelques un peu moins hauts, on ne peut pas être tous les jours au meilleur de sa forme. A propos de forme, on continue le fitness et à part la semaine dernière où j'ai probablement dû exagérer vu ce que j'ai eu mal au dos ce week-end, tout se passe bien là aussi.
Et là, ce matin, alors que je l'appelais pour la classique "météo du matin", il m'annonce deux grosses mauvaises nouvelles… Sa femme et sa mère ont les deux eu un examen vendredi, les résultats vont dans le sens de nouveaux examens à faire avec en perspective du merdique voir du très merdique…
Alors bien sur, je sais qu'il n'y a rien que je puisse faire de plus que l'écouter et être là, mais c'est typiquement le genre de situation ou mon impuissance mais surtout, mon manque de compétence en la matière va certainement me jouer des tours.
Il est clair que je ne demande pas mieux que de le soutenir. Je sais bien aussi que personne n'arrive jamais ou presque à dire les mots qu'il faut et que quand on y parvient, c'est en général par hasard plus qu'autre chose.
En pensant à tout, tout à coup explose dans ma tête un souvenir… G. qui me disait y'a pas longtemps que sa tante allait très mal, une histoire de jours… et je ne l'ai pas rappelé depuis… argh… (Et la secrétaire vient de m'apprendre que ma cheffe est absente parce que sa mère a fait un malaise hier… ça pourrait suffire là non?).
Le pire dans tout ça, c'est qu'après avoir appris que la femme de C. a un problème de santé, et surtout après qu'il m'a confié que même s'il n'y a pas de raisons de s'inquiéter plus que ça, il ne peut s'empêcher de se dire que seul, il ne pourrait pas s'en sortir, des idées de "comment ça se passerait si…" se sont glissées dans ma tête.
J'ai au moins eu le tact de ne rien dire, parce que se "placer" pour déconner quand il me parlait de ses problèmes de couple, c'est une chose mais là… ça aurait été vraiment déplacé de ma part. N'empêche, j'en étais à me demander si je saurais me faire accepter par ses enfants…
Je sais bien qu'on ne maîtrise pas ce genre de pensées, et que ce n'est pas parce que quelque chose nous traverse l'esprit qu'on le prend pour une réalité ou même que l'on souhaite que ça se réalise. Mais je ne peux pas m'empêcher de me sentir coupable d'être aussi opportuniste et égoïste en pensée, ce n'est pas franchement le côté de ma personnalité que je préfère.
En ce moment, au fond de mon crâne malade (j'ai le rhume en plus, putain d'hiver sibérien) je cherche aussi une idée, une envie ou une motivation pour continuer ici. Parce qu'au delà de mon sentiment sempiternel de tourner en rond, je me demande aussi ce que j'aimerais retrouver en me relisant un jour. Et même si ça reflète la réalité, la redite perpétuelle est d'un intérêt limité à la lecture.
En plus, après dix ans de journal, je n'arrive toujours pas à formuler ce que je voudrais dire ni à garder les choses qui me viennent à l'esprit loin de mon clavier et qui me semblent toujours tellement plus pertinentes que celles qui finissent ici. (Probablement suivant le même phénomène qui me fait croire avant de le dire que ma remarque pourrait être pertinente… et qui me l'a fait regretter juste après l'avoir dite, mais même).
Et tu vois ma Maz, j'étais pas si loin ;) Bisous ma belle :)
